Bandes Dessinées

Des portraits de femmes en BD

     Cet article ne s’inscrit pas officiellement dans le cadre du fémini-books qui a lieu sur booktube et la blogo en ce moment mais les circonstances on fait que j’ai lu trois BD où les femmes jouent un rôle important et qu’elles m’ont tellement charmée que je ne pouvais pas ne pas leur consacrer un petit article.

Betty Boob de Véro Cazot et Julie Rocheleau

     Le premier titre que je vous présente est probablement mon coup de coeur du trio. Dans cette bande-dessinée, une tumeur oblige Elisabeth à subir une ablation du sein. A aucune page il n’est question de traitement médical. Betty Boob c’est avant tout la reconstruction d’une femme: apprivoiser un corps différent, affronter le regard extérieur, se sentir femme à nouveau, subir le rejet de la société et la dictature de l’apparence. Sa guérison ne se fait pas sans heurts. On partage sa souffrance, sa solitude et la rage qui l’anime. Par accident (ou pas) elle intègre une troupe burlesque et apprend à assumer son corps au contact des comédiens. La rencontre avec ces artistes tous singuliers et uniques, va lui insuffler une vigueur et une énergie débordantes et inspirer un dessin éblouissant !

     D’ailleurs, le coup de crayon de Julie Rocheleau ressemble à un feu d’artifice. Le trait est aussi généreux et gourmand que les couleurs sont chaudes et pétillantes. Douceur, justesse, poésie, injustice, fureur, humour et délicatesse émanent du graphisme. En effet, les illustrations se passent de dialogues pour nous émouvoir. Chaque chapitre commence avec deux phrases et donnent le ton des planches qui suivent. Ce fût un expérience de lecture très intense que je vous incite très fortement à vivre vous aussi !

Libres ! Manifeste pour s’affranchir des diktats sexuels d’Ovidie

    Ici il ne s’agit pas d’évoquer la personnalité d’une femme mais plutôt celle de la femme de tous les jours, celle qui se sent harcelée par les régimes minceurs avant l’été, celle qui ressent les inégalités face à l’homme aussi bien dans la rue qu’au travail, celle qui ne se reconnaît pas face aux égéries de publicité et de cinéma, celle qui culpabilise de manger avec gourmandise, celle qui n’ose pas dire non à une pratique sexuelle, celle qui s’échine à s’épiler, celle qui craint de sortir démaquillée parce qu’il faut ressembler à une actrice hollywoodienne même quand on fait les courses. Cet ouvrage revêt le format d’un essai dont chaque chapitre se clôture par une planche de BD humoristique. Comme l’indique le titre, différentes questions sur la sexualité et le monde du porno sont abordées, je ne développerai pas mon propos sur cet aspect du livre car j’ai surtout été intéressée par les réflexions sociologiques. Poursuivre la lecture « Des portraits de femmes en BD »

J'explore ma ville

Sur les berges de la Garonne, Darwin

     Bordeaux est une ville très symbolique pour moi. Elle représente mes études dans les métiers du livre, ma rencontre avec mon chéri, des liens d’amitié très forts, mon refuge quand ça n’allait pas, c’est la ville de ma reconstruction personnelle et professionnelle. Peut être qu’un jour je serai amenée à voguer vers de nouveaux horizons mais pour l’instant c’est ici que je construis mon petit nid de bonheur. J’aime y vivre, j’aime les habitudes et les rituels qui s’opèrent naturellement depuis que j’y suis, j’aime son architecture, la proximité qu’elle m’offre avec la culture. Depuis le temps que j’y habite, je croyais bien la connaître, cependant je me suis rendue compte qu’elle me réservait des découvertes aussi charmantes que surprenantes. J’ai donc décidé d’instaurer un nouveau rendez-vous sur mon blog dans lequel j’évoquerai le paysage urbain qui compose mon quotidien et qui contribue à mon bien-être.

    Ce premier chapitre, commence avec le quartier Darwin. C’est accompagnée de mon chéri et sur les recommandations d’une collègue que nous avons choisi notre promenade matinale. Nous avons profité de la quiétude du 1er novembre pour découvrir ce lieu, loin de la foule que j’imagine s’y engouffrer usuellement. Je ne me promène pas souvent du coté rive droite de Bordeaux, car géographiquement il est plus éloigné de chez moi, et je suis heureuse d’avoir un peu bousculé ma routine. Pour vous y rendre en transports, le plus simple est de prendre le Tram A, de descendre à l’arrêt Stalingrad et de marcher en longeant les berges. Vous en avez pour 15/20 minutes de marche pour arriver jusqu’à Darwin ! Sinon vous pouvez vous garer à l’intérieur gratuitement !

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Films du mois

Films d’octobre 2017

Film vu au Cinéma

Le sens de la fête d’Éric Toledano et Olivier Nakache

     Dynamique, doté d’une super bande original et d’un bon casting, drôle mais pas de rires à gorge déployée non plus à l’horizon… Speach de base: les coulisses d’une brigade organisatrice d’événements où rien ne se passe comme prévu. Les aléas et les catastrophes s’enchaînent au beau milieu d’un mariage huppé. Le film est sympathique, bourré de personnages atypiques, mais pas extraordinaire non plus.

Les parapluies de Cherbourg de Jacques Demy

     La La Land trônant dans mes coups de cœur 2017, je me sens obligée de découvrir les films qui ont inspiré Damien Chazelle pour le réaliser. J’ai donc commencé par Les parapluies de Cherbourg, une histoire d’amour entre deux jeunes gens séparés par la guerre. Je ne savais pas que tous les dialogues étaient chantés quand j’ai emprunté le DVD et j’ai été surprise que cela ne me dérange aucunement tant c’est mélodieux! Tout comme la la land, le jeu des couleurs est présent et tout comme la la land le dénouement n’est guère heureux. Je dirais même plus que la fin m’a laissé un goût un peu amer…

Birdman d’Alejandro González Iñárritu

     Malgré ses nombreuses récompenses dont quatre oscars en 2015, ce film ne m’inspirait pas spécialement. Heureusement mon amoureux sait me convaincre et je rattrape mes lacunes. Birdman est le nom du super héros qu’incarnait Riggan Thomson autrefois. Tentant de retrouver sa gloire passée, celui-ci se lance dans la production d’une pièce de théâtre à Broadway. Néanmoins, le personnage qu’il interprétait semble l’habiter toujours, à tel point qu’il parvient à voler et à déplacer des objets. Réalité ou folie? J’ai aimé le rythme, l’humour, la relation tumultueuse avec sa fille, jouée par une Emma Stone percutante, la mise en scène, la tension qui grimpe, bref j’ai vraiment bien aimé.

Le vent se lève de Hayao Miyazaki

     Tout commençait bien avec ce nouveau Miyazaki que je découvrais: un petit garçon intelligent et bienveillant, rêveur et passionné par les avions, une rencontre romantique avec une jeune fille qui promet une belle histoire d’amour, des images impressionnantes du séisme dévastateur de 1923 à Tokyo. Et puis vinrent les longueurs ainsi que les incompréhensions. La contradiction entre la gentillesse de Jirō, ses valeurs de justice opposées et son travail dévoué envers des machines de guerre. Certes, Jirō Horikoshi n’y voyait probablement que des avions volants dans le ciel nonobstant il participait tout de même à la construction d’armes destructrices. Sa passion l’a emporté sur sa raison et j’irai jusqu’à dire sur son idylle ça m’a un peu déroutée. Néanmoins cela reste un joli film d’animation tissant le portrait d’un homme complexe. Poursuivre la lecture « Films d’octobre 2017 »

Jeunesse·Mes coups de cœur

La milléclat dorée de Benjamin Flouw

     Renard est un amoureux de la nature. Dans son salon, il collectionne les plantes et les livres de botanique. Un soir, il découvre dans l’un d’eux l’existence d’une fleur mystérieuse : la milléclat dorée. Très rare, elle ne pousse que dans la montagne et personne n’a encore eu la chance de l’observer. Il n’en faut pas plus à Renard pour se lancer : voilà la grande aventure qu’il attendait ! Demain, il s’enfoncera dans la montagne à sa recherche !

     Tout d’abord, je suis tombée amoureuse des illustrations. Les couleurs douces et chaudes m’ont procuré une sensation de bien-être propice à la saison automnale. Quant au dessin, je l’ai trouvé fin, harmonieux et orné de poésie. Tout en relief, il m’a fait pensé aux contours de l’origami à plusieurs reprises. Le charme des images et la caractère calme et serein de Renard m’ont vraiment apaisée. Poursuivre la lecture « La milléclat dorée de Benjamin Flouw »

Science-fiction

Une histoire des abeilles de Maja Lunde

     Un triptyque écologiste qui raconte l’amour filiale à travers le destin des abeilles.

  Angleterre, 1851. Père dépassé et époux frustré, William a remisé ses rêves de carrière scientifique. Cependant, la découverte de l’apiculture réveille son orgueil déchu: pour impressionner son fils, il jure ce concevoir une ruche révolutionnaire.

   Ohio, 2007. George, apiculteur bourru, ne se remet pas de la nouvelle: son fils converti au végétarisme, rêve de devenir écrivain. Qui va donc reprendre les rennes d’une exploitation menacée par l’inquiétante disparition des abeilles?

   Chine, 2098. Les insectes ont disparu. Comme tous ses compatriotes, Tao passe ses journées à polliniser la nature à la main. Pour son petit garçon elle rêve d’un avenir meilleur. Mais lorsque ce dernier est victime d’un accident, Tao doit se plonger dans les origines du plus grand désastre de l’humanité.

     Je n’avais pas prévu de consacrer une chronique à ce roman. Néanmoins, en écoutant la radio ce matin j’ai appris que deux insecticides contenant « un nouveau néonicotinoïde » venait d’être autorisé par l’agence nationale de sécurité sanitaire. En d’autres termes, un nouveau pesticide nocif pour les abeilles va être utilisé sur nos récoltes, ce qui a pour conséquence d’alarmer les apiculteurs, à juste titre. Je me suis dit que ce livre mérite d’être partagé car je pense qu’il pourrait contribuer à bousculer notre réalité et peut-être à anticiper une catastrophe écologique.

     Dans l’ensemble, j’ai grandement apprécié ce roman. J’attendais de lui qu’il éclaire mon regard sur le rôle des abeilles dans notre environnement et qu’il m’en apprenne plus sur les lois qui régissent leur fonctionnement. Une histoire des abeilles a occasionné le même effet que La vie secrète des arbres, c’est à dire porter mon attention sur des êtres vivants qui composent notre nature et qui participent à son bien être sans que j’en ai conscience. Poursuivre la lecture « Une histoire des abeilles de Maja Lunde »

Jeunesse

Inséparables de Sarah Crossan

     Grace et Tippi. Tippi et Grace. Deux soeurs siamoises, deux ados inséparables, entrent au lycée pour la première fois…

          "Platon dit qu'autrefois

           on était tous attachés à quelqu'un d'autre, dis-je.

          On était des humains à quatre bras,

          et quatre jambes,

          et deux visages par tête,

          mais on était tellement puissants

          qu'on menaçait de rencontrer les dieux.

          Alors ils nous ont séparés de nos âmes soeurs

                                            pile au milieu,

          nous condamnant à vivre

          pour toujours

          sans ceux qui nous complétaient."

"J'adore Platon" , dit Jon,

et puis:

"donc en fait ce que tu veux dire c'est que

toi et Tippi vous avez échappé à la malédiciton."

          "Peut-être", lui dis-je

           mais je ne veux pas admettre

                                        que mon coeur

          est divisé

           depuis que je l'ai rencontré.

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Voyages en France

Jolie Dordogne

     A seulement 2h30 de Bordeaux en voiture, mon amoureux et moi avons décidé de changer de décor le temps d’un week end. Nous avons profité des premiers jours de septembre, hors saison et encore ensoleillés pour visiter la ville de Sarlat et ses alentours.

Sarlat

     Et nous avons bien fait, car nous avons pu stationner facilement à l’entrée du village alors que le seul moyen de s’y rendre en été est de se garer à l’extérieur de la ville et de s’y rendre par navettes. La samedi, la rue principale est encombrée d’un marché. Si comme nous, vous fuyez l’affluence de la foule, vous trouverez refuge en bifurquant vers des petites ruelles absolument charmantes. Personnellement, les rues dallées bordées de volets bleus et de lanternes ont embelli notre ballade. La quiétude et l’empreinte médiévale de ces petits détours nous ont offert une promenade hors du temps même si une poignée d’heure suffit pour faire le tour de la ville.

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